Société

Des enseignants stars au SILA 2026

Les élèves se pressent pour prendre des photos avec eux.

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Au stand de la réconciliation, le numéro 46, de la maison d’édition Dar El Badr, au Salon international du livre d’Alger (SILA 2026), la scène était différente. L’affluence n’était pas uniquement motivée par l’achat de livres. Plusieurs élèves s’étaient rassemblés autour du professeur de langue arabe Boubekeur Mabrouk pour prendre des photos souvenirs avec lui et obtenir sa dédicace. Ils ont également profité de cette rencontre pour lui demander des conseils et des orientations susceptibles de les aider dans leur parcours scolaire, notamment ceux qui s’apprêtent à passer l’examen du baccalauréat.

Des enseignants qui dispensent des cours de soutien sur les réseaux sociaux, dans les différents cycles d’enseignement, ont fait l’événement au Salon du livre. Celui-ci s’est transformé en un espace de rencontres directes avec leurs élèves, habitués à les suivre à travers les écrans. Ces professeurs sont désormais de véritables pôles d’attraction au sein des stands, où les élèves se pressent pour prendre des photos souvenirs avec eux et obtenir leurs autographes, tout en profitant de l’occasion pour échanger avec eux et bénéficier de leurs conseils et orientations scolaires.

Boubekeur retrouve ses élèves

Avant de rencontrer le professeur Boubekeur Mabrouk, devenu un visage familier des élèves des cycles moyen et secondaire grâce à sa chaîne éducative sur YouTube, où il propose des explications simplifiées et détaillées des cours de langue arabe, nous avons été attirés par une scène spontanée qui s’est déroulée à l’intérieur du stand.

L’élève Aya Bouzerki, qui s’apprête à passer l’examen du baccalauréat, était accompagnée de sa mère lorsqu’elle a aperçu le professeur. Elle n’a pu contenir son enthousiasme et s’est exclamée en le montrant du doigt : « Regarde maman, c’est le professeur Boubekeur dont je suis les cours sur YouTube ! »

La joie se lisait sur son visage lorsqu’elle s’est approchée de lui pour le saluer et échanger quelques mots. Elle a également profité de cette rencontre pour lui demander des conseils concernant sa préparation au baccalauréat et a tenu à acheter ses livres.

La même scène s’est reproduite avec un autre élève, accompagné de son père, qui a lui aussi insisté pour rejoindre le professeur Boubekeur avant de quitter le stand, afin de prendre une photo souvenir avec lui. Il est ensuite reparti avec plusieurs de ses ouvrages.

Dans une déclaration à El Khabar, le professeur Boubekeur Mabrouk n’a pas caché sa joie face à cet engouement. Il s’est réjoui de rencontrer des élèves qui avaient l’habitude de suivre ses cours à travers un écran, sans avoir jamais eu l’occasion de le rencontrer en personne. Les allées du Salon du livre leur ont finalement permis de se retrouver directement, faisant passer leur relation du suivi virtuel au contact réel, ponctué de photos souvenirs, de dédicaces et de marques de reconnaissance.

Il a ajouté que cet engouement témoigne de l’intérêt des élèves pour le contenu pédagogique qu’il propose et constitue une motivation supplémentaire pour poursuivre ses efforts visant à simplifier les cours et à rendre la matière plus accessible, à travers une méthode qui facilite sa compréhension et son assimilation.

Le professeur de langue arabe Mohamed Abou Chaker Laâboudi, enseignant au cycle moyen, a également suscité le même enthousiasme. Il a lui aussi réussi à conquérir le cœur de millions d’élèves sur les réseaux sociaux grâce à ses explications simplifiées et originales des cours de langue arabe. Le Salon a ainsi été l’occasion pour plusieurs élèves de s’approcher de lui, de prendre des photos souvenirs à ses côtés et de faire dédicacer ses livres.

Le professeur semblait heureux de voir les élèves se rassembler spontanément autour de lui. Il a exprimé sa joie de les rencontrer, soulignant que l’intérêt et la reconnaissance manifestés par ceux qui suivent son contenu pédagogique représentent pour lui une motivation à poursuivre sa mission éducative.

Le professeur Noureddine : « Voici mes conseils aux candidats au baccalauréat »

Dans une autre scène tout aussi remarquable, le stand de la maison d’édition Okacha, au pavillon central 06, a accueilli une rencontre entre le célèbre professeur de mathématiques Noureddine et l’élève Abdellaoui Abdallah, qui a obtenu une moyenne de 18,69 au baccalauréat, session 2026, et décroché la première place à l’échelle de la wilaya d’El Bayadh.

Cette rencontre revêtait un caractère particulier en raison du parcours de l’élève, originaire d’une région rurale, qui a réussi à surmonter les difficultés et à réaliser une performance scolaire remarquable, offrant ainsi une image honorable de la génération du baccalauréat 2026.

Un échange enrichissant s’est engagé entre le professeur et son élève, marqué par le partage d’expériences et de conseils. Le jeune bachelier est revenu sur son parcours scolaire et les défis auxquels il a été confronté, tandis que le professeur Noureddine a tenu à souligner que la réussite ne dépend pas tant des conditions dans lesquelles on évolue que du travail, de la persévérance et de la détermination.

Cette rencontre a également été l’occasion de revenir sur l’expérience d’Abdellaoui, dont la réussite est devenue un message d’espoir pour les élèves : être issu d’une région rurale ou étudier dans des conditions difficiles n’empêche pas d’atteindre les plus hauts niveaux, à condition de faire preuve de volonté et de fournir des efforts continus.

Parallèlement à ses rencontres avec les élèves brillants, le professeur Noureddine a ouvert un espace d’échange aux candidats aux examens. Le stand de la maison d’édition s’est ainsi transformé en un lieu où ils pouvaient obtenir des orientations, poser leurs questions et bénéficier de conseils directs, loin des cours théoriques.

Parmi les principaux conseils qu’il leur a adressés figure la nécessité de maîtriser l’utilisation du téléphone portable, qu’il considère comme l’un des plus grands ennemis de l’élève lorsqu’il devient une source de distraction et de perte de temps, notamment en raison des longues heures passées à naviguer d’une application à l’autre.

Il les a également invités à adopter un programme quotidien de révision simple et organisé, adapté à leurs capacités et à leurs conditions, sans s’imposer des emplois du temps compliqués et difficiles à respecter. Il a insisté sur le fait que la régularité dans les études, même pendant de courtes périodes, est plus bénéfique que les révisions irrégulières ou le report des cours jusqu’aux derniers instants.

Ces conseils ont suscité l’intérêt des élèves rassemblés autour de lui, qui ont suivi ses propos avec attention et réagi à son expérience dans la dispense de cours sur les plateformes numériques.

Au cours des échanges, plusieurs élèves brillants et ayant une bonne maîtrise des mathématiques ont soulevé une question intéressante concernant les cours particuliers. Ils se sont interrogés sur leur nécessité dans le parcours de préparation aux examens, d’autant que l’expérience de nombreux élèves ayant réussi montre que l’excellence scolaire n’exige pas nécessairement d’y recourir.

La discussion a abouti à considérer les cours particuliers comme un facteur d’aide et un apport auquel on peut faire appel en cas de besoin, mais non comme une règle fondamentale ni une condition indispensable à la réussite. Plusieurs élèves ayant obtenu d’excellents résultats y sont en effet parvenus en s’appuyant sur les cours dispensés dans les établissements scolaires, les révisions individuelles et une bonne gestion du temps.

Le professeur a conclu son intervention en évoquant ses publications consacrées aux mathématiques, précisant que leur objectif est de « faire entendre les youyous de joie dans les foyers des candidats au baccalauréat ».