Culture

L’épouse de Kamel Daoud sort à nouveau de son silence

Elle apporte de nouveaux éléments sur l’affaire Saâda Arbane et l’écrivain.

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Aïcha Dahdouh, épouse de l’écrivain Kamel Daoud et médecin spécialisée en psychiatrie, a révélé que leurs différends avaient finalement conduit à une décision de divorce, sur fond de tensions accumulées depuis la publication du roman « Houris ». L’affaire implique également son ancienne patiente, Saâda Arbane, qui affirme que l’œuvre de l’écrivain raconte son drame personnel, celui d’une victime du terrorisme, sans son consentement. Les divergences porteraient également sur les positions de l’écrivain concernant plusieurs questions.

Dans un entretien accordé au site « Casbah Tribune », la psychiatre s’est exprimée pour la première fois sur ses liens avec cette affaire et sur les accusations judiciaires et médiatiques selon lesquelles elle aurait transmis à son époux des informations médicales concernant Saâda Arban afin qu’il en fasse la matière d’un projet littéraire.

Elle a catégoriquement démenti avoir enfreint le secret médical ou divulgué des informations ou des dossiers médicaux concernant Saâda Arban, dont l’histoire a suscité une vive polémique après la publication du roman « Houris », récompensé par le prix Goncourt.

L’épouse de l’écrivain a estimé que la confidentialité des informations relatives à la santé constitue un principe fondamental de la déontologie médicale auquel elle ne saurait déroger, même lorsqu’il s’agit de se défendre.

Aïcha Dahdouh a indiqué que ses divergences avec Kamel Daoud concernant les valeurs ainsi que la manière de considérer autrui et ses souffrances avaient atteint un point rendant le divorce inévitable. Elle a précisé que l’affaire du roman « Houris » avait contribué à fragiliser leur relation, sans toutefois constituer l’unique motif de leur séparation.

Elle a également affirmé que les positions, les écrits et les déclarations de son époux concernant l’Algérie, la Palestine et l’islam ne l’engageaient pas et ne reflétaient pas ses propres convictions. Elle a réaffirmé son attachement à ses valeurs personnelles, à l’Algérie et à son identité musulmane.

Concernant le consentement de Saâda Arbane à ce que son histoire et les violences terroristes qu’elle aurait subies durant les années 1990 servent de sujet à un roman, la psychiatre a reconnu l’existence de contacts et de relations avec elle en dehors du cadre professionnel, notamment dans un contexte social et amical, en raison des liens d’amitié qui unissaient les deux familles.

Elle a ajouté que Saâda Arbane rencontrait son époux, Kamel Daoud, et que les deux avaient échangé à plusieurs reprises, en sa présence comme en son absence.

Revenant sur les circonstances ayant entouré le lancement du projet littéraire « Houris », Aïcha Dahdouh a livré sa version de la rencontre entre Saâda Arbane et Kamel Daoud à leur domicile, durant le mois de ramadan 2022. Elle a affirmé que cette rencontre avait eu lieu à la demande de la mère adoptive de Saâda, qui souhaitait que l’écrivain raconte l'histoire de sa fille.

Selon elle, Saâda était informée du souhait de sa mère et avait accepté sa demande. Aïcha Dahdouh a précisé avoir elle-même présenté les deux parties lors de cette rencontre et que chacune d'elles lui avait indiqué, à l'issue de l'entretien, qu'un accord avait été trouvé concernant le projet de livre. Elle affirme toutefois que Saâda Arbane a retiré son consentement à un stade ultérieur, un élément que cette dernière ne mentionnerait pas, selon elle, devant la justice et dans les médias.

Sur le plan judiciaire, l’épouse de Kamel Daoud a affirmé faire confiance à la justice algérienne et souhaiter présenter ses contestations et exposer sa position devant le juge du tribunal d’Oran.

La concernée avait déjà adressé une déclaration à l’Agence France-Presse (AFP), à la fin du mois d’octobre dernier, dans laquelle elle évoquait cette affaire et faisait part de sa disponibilité à comparaître devant la justice.

Elle a enfin expliqué qu’elle souhaitait assister à l’audience de son procès, fixée au 13 octobre, mais qu’elle n’avait pas pu le faire en raison de sa situation familiale et des procédures de divorce. Elle a indiqué ne pas avoir été en mesure de revenir en Algérie depuis octobre 2024.