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Législatives : des experts livrent une première lecture des résultats provisoires

Les résultats provisoires des élections législatives suscitent les premières analyses d'experts, qui mettent en avant les principales tendances du scrutin et les enjeux de la future composition de l'Assemblée populaire nationale

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Les premiers résultats provisoires des élections législatives suscitent des lectures contrastées parmi les enseignants en sciences politiques. Si tous s'accordent à reconnaître le bon déroulement du scrutin sur le plan juridique et organisationnel, ils considèrent que le faible taux de participation, établi à 21,24 %, constitue le principal fait marquant de cette échéance électorale.

Pour Kaoui Bouhania, professeur de sciences politiques, il ne faut pas confondre la réussite d'une élection avec le niveau de participation. Selon lui, la réussite d'un scrutin s'apprécie à travers le respect de la Constitution, des lois et des garanties assurant la transparence, l'égalité entre les candidats et la régularité du processus électoral.

Il souligne que l'État, notamment à travers l'Autorité nationale indépendante des élections, a réuni les conditions nécessaires pour permettre aux citoyens d'exercer leur droit de vote dans des conditions normales. Le taux de participation relève, selon lui, davantage d'un indicateur politique et sociologique que d'un critère juridique de validation du scrutin.

Pour l'universitaire, une participation de 21 % traduit le passage d'une partie de l'abstention vers une forme de boycott politique. Il estime que cette situation reflète des interrogations sur la confiance accordée aux acteurs politiques et sur la capacité des élections à produire un véritable changement.

Le spécialiste relève également que l'application de l'article 200 de la loi organique sur les élections, ayant conduit à l'exclusion de nombreuses candidatures ne répondant pas aux conditions légales, a modifié la configuration de la compétition électorale. Si cette mesure traduit, selon lui, le respect de l'État de droit, elle a également réduit la concurrence dans certaines circonscriptions, ce qui a pu influencer la mobilisation des électeurs.

Koui Bouhania considère enfin que la faible participation ne signifie pas un rejet des institutions, les motivations de l'abstention étant multiples, allant de l'indifférence à la contestation, en passant par le manque d'intérêt pour l'offre politique. Il rappelle que plusieurs démocraties disposent de parlements élus avec de faibles taux de participation, sans que cela n'affecte nécessairement leur efficacité.

Concernant l'après-élections, il prévoit une relation fondée sur la coopération entre le gouvernement et le futur Parlement, tout en estimant que la légitimité des institutions dépendra avant tout de leur capacité à produire des résultats concrets.

De son côté, Hakim Bougrara estime que les résultats provisoires confirment la domination des partis de la majorité présidentielle, qui devraient disposer d'une majorité relative à l'Assemblée populaire nationale. Cette configuration devrait permettre la poursuite du fonctionnement institutionnel actuel, avec la désignation d'un Premier ministre conformément aux dispositions de la Constitution.

Il souligne toutefois le retour de l'opposition au sein de l'hémicycle, notamment à travers le Front des forces socialistes (FFS), qui pourrait constituer un groupe parlementaire et contribuer à dynamiser les débats lors de l'examen des projets de loi.

Selon lui, les résultats étaient largement prévisibles compte tenu du faible niveau de participation, qui a favorisé les formations politiques disposant d'un électorat fidèle, telles que le Front de libération nationale (FLN), le Rassemblement national démocratique (RND), le Mouvement de la société pour la paix (MSP), ainsi que le retour du Mouvement El-Bina et la progression du Front El Moustakbal.

Hakim Bougrara estime enfin que ces élections n'ont pas réservé de surprise majeure et devraient contribuer à préserver une certaine stabilité politique, tout en offrant à l'exécutif une marge de manœuvre plus importante en l'absence d'une majorité parlementaire d'opposition.

Pour sa part, Ammar Sigha, également professeur de sciences politiques, considère que ce scrutin constitue un indicateur important pour comprendre l'évolution de la vie politique en Algérie jusqu'à la fin de la prochaine législature, en 2031. Il estime que la principale leçon de ces élections demeure la persistance de l'abstention électorale, le taux de participation de 21,24 % figurant parmi les plus faibles enregistrés lors des élections législatives en Algérie et traduisant, selon lui, une confiance encore limitée d'une partie de la population dans le processus politique.