Economie

La fermeture de la laiterie « El Maïda » à Annaba

La décision menace 200 postes d’emploi et suscite des inquiétudes quant à l’approvisionnement en lait

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La société de production de lait et de produits laitiers « El Maïda », située dans la wilaya d’Annaba, a annoncé l’arrêt total de ses activités sur l’ensemble du territoire national, après la fermeture de toutes ses filiales ainsi que de son usine et de ses installations. Environ 200 travailleurs, issus notamment de zones rurales et de localités isolées autour de la zone industrielle de Berrahal, étaient employés par cette entreprise.

Les responsables de la société estiment que la fermeture de la laiterie représente la disparition d’une marque ayant réussi à s’imposer sur le marché local. Dans des plaintes adressées aux plus hautes autorités du pays, ils s’interrogent sur le fait qu’« une seule infraction, si elle existe réellement, puisse justifier la volonté de l’Office national du lait et des produits laitiers de pousser l’entreprise à arrêter toute une chaîne de production de lait et de dérivés, qui approvisionnait plusieurs communes d’Annaba et des wilayas voisines ».

La direction de la laiterie affirme également que la suspension de l’attribution de sa quote-part de « lait en poudre » constitue une atteinte à la sécurité alimentaire et une entrave à l’approvisionnement des citoyens en lait. Elle rappelle que le président Abdelmadjid Tebboune a toujours insisté, lors des réunions du Conseil des ministres, sur la nécessité d’accompagner les usines de production et d’éviter de les affaiblir par des pratiques bureaucratiques.

Les responsables de l’entreprise ont salué les efforts du président de la République et du gouvernement en faveur de la protection de l’investissement privé, tout en appelant à résoudre les obstacles auxquels sont confrontés les investisseurs.

L’arrêt de cette entreprise a entraîné la suspension de la production quotidienne de lait destiné aux habitants de plusieurs communes, notamment Berrahal, Chetaïbi, Echatt, El Eulma et Aïn El Berda, provoquant ainsi des pertes économiques locales, des licenciements et un impact négatif sur les finances publiques.

Les dirigeants de la laiterie ont demandé une intervention urgente des hautes autorités, notamment du ministère de l’Agriculture, afin de protéger la sécurité alimentaire locale dans la wilaya d’Annaba et les wilayas voisines de l’Est, face à la fermeture successive d’usines de production laitière, susceptible d’entraîner des pénuries et des perturbations dans l’approvisionnement en cette denrée essentielle.

Selon les mêmes sources, deux usines de production de lait ont déjà fermé dans la wilaya d’Annaba au cours des deux dernières années. Après la fermeture de la laiterie « Bladna » il y a plus de deux ans, c’est désormais au tour de « El Maïda », ce qui soulève des interrogations sur les raisons de ces fermetures répétées et leurs conséquences sur le système local de sécurité alimentaire.

Les responsables de l’entreprise ont également appelé les autorités compétentes à ouvrir une enquête sur les causes de cette fermeture et sur la suspension de l’approvisionnement en lait en poudre, malgré les succès réalisés par l’entreprise en quelques années d’activité. Ils dénoncent des pressions administratives et des pratiques bureaucratiques qui mettent en péril l’avenir de cette jeune société.

Cette situation a provoqué une vive réaction parmi les travailleurs, qui demandent aux autorités publiques de trouver rapidement une solution et de mettre fin aux retards répétés dans l’octroi de la matière première nécessaire à la production, malgré le respect de toutes les exigences administratives, légales et techniques. Selon certaines sources, ces pratiques viseraient à pousser l’entreprise vers une fermeture définitive, menaçant ainsi 200 emplois et privant la région d’un approvisionnement régulier en lait.

Les responsables de l’entreprise ont enfin averti que la fermeture soudaine de la laiterie, décidée en février 2024 dans le cadre d’une suspension conservatoire de l’accord de partenariat conclu avec l’Office national du lait et des produits laitiers, a été appliquée sans motif clair et sans possibilité de recours.

Toujours selon les mêmes sources, la laiterie « El Maïda » était devenue en peu de temps une référence dans le secteur de la production laitière grâce à un environnement favorable à l’investissement et aux politiques de soutien à l’entrepreneuriat. Toutefois, la suspension de son quota de lait en poudre a plongé l’entreprise dans une situation de paralysie totale, mettant en danger son avenir ainsi que celui de ses employés, en contradiction, selon ses responsables, avec la politique nationale visant à soutenir les entreprises émergentes et à renforcer la sécurité alimentaire.