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Revirement concernant Petković : les questions auxquelles Sadi devra répondre

Le 7 juin dernier, le président de la Fédération algérienne de football (FAF) avait affirmé que le sélectionneur national avait apporté une réelle valeur ajoutée et obtenu de bons résultats, estimant qu'il méritait, à ce titre, une prolongation de son contrat jusqu'en 2028

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Il y a moins d'un mois, le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Walid Sadi, défendait avec assurance une stratégie fondée sur la stabilité technique. La prolongation du contrat du sélectionneur national, Vladimir Petković, jusqu'en 2028 était alors présentée comme l'illustration concrète de cette vision. Aujourd'hui, la situation semble avoir complètement changé.

Le 7 juin, avant le départ de la sélection nationale pour les États-Unis afin de participer à la Coupe du monde, Walid Sadi déclarait devant la presse, à l'aéroport Houari-Boumediene : « Notre stratégie repose sur le principe que les résultats positifs s'obtiennent grâce à la stabilité. Dieu merci, l'équipe nationale obtient de bons résultats. Le sélectionneur a apporté une réelle valeur ajoutée, notamment sur le plan technique. C'est pourquoi le bureau fédéral a approuvé à l'unanimité la prolongation de son contrat. C'est un acquis pour l'Algérie. »

Or, la tendance actuelle est tout autre depuis l'élimination de la sélection algérienne par la Suisse en huitièmes de finale du Mondial. Selon des informations relayées par plusieurs sources, dont certaines seraient proches du président de la FAF, la Fédération aurait décidé de mettre fin au nouveau contrat de Petković, en attendant l'annonce officielle.

Si ces informations se confirment, une première question s'imposera : celle de la crédibilité et de la cohérence de la gestion de la FAF et de ses choix techniques. Plus qu'une simple décision concernant l'avenir du sélectionneur, Walid Sadi est désormais attendu sur des explications claires quant aux circonstances de ce revirement. A-t-il réellement décidé de mettre un terme à sa collaboration avec Petković, comme il l'avait fait ouvertement après la Coupe d'Afrique des nations en Côte d'Ivoire en annonçant immédiatement la résiliation du contrat de Djamel Belmadi ? Les Algériens sont en droit de connaître les raisons de ce changement soudain, d'autant que le président de la FAF présentait encore, il y a quelques semaines, le technicien suisse comme un véritable apport pour la sélection nationale et inscrivait son maintien dans une stratégie de long terme fondée sur la stabilité.

Si la rupture du contrat est effectivement actée, Walid Sadi devra également expliquer pourquoi il a changé d'avis aussi rapidement. La prolongation annoncée avant le Mondial reposait-elle sur une véritable conviction technique ou s'agissait-il d'une décision précipitée ? Et si cette conviction a disparu après une seule compétition, voire un seul match, qu'est devenue la stratégie de stabilité qu'il mettait lui-même en avant ?

Ce revirement ne concerne pas uniquement le président de la FAF. Plusieurs médias, qui jusqu'au début du Mondial et même avant le match face à l'Autriche saluaient le travail de Petković, le présentant comme l'entraîneur ayant rétabli la discipline tactique au sein de la sélection et louant son « intelligence » et sa « folie tactique », ont eux aussi changé de discours. Ces qualificatifs étaient souvent employés dans une logique de comparaison avec l'ancien sélectionneur, Djamel Belmadi, davantage que dans une analyse objective du travail du technicien suisse.

Après l'élimination, ces mêmes médias ont largement fait porter à Petković l'entière responsabilité de l'échec, comme si les éloges formulés auparavant n'avaient jamais existé. Plus surprenant encore, ce changement de ton ne semble pas s'appuyer sur une véritable réévaluation technique, mais plutôt sur la vague de mécontentement qui a gagné les supporters après la sortie prématurée du Mondial.

Pourtant, l'évaluation de l'expérience de Petković mérite davantage de nuance. Les critiques concernant les prestations de l'équipe sont légitimes. L'Algérie a affiché un niveau de jeu inférieur aux attentes, peinant à imposer sa personnalité sur le terrain et affichant un manque d'engagement qui faisait autrefois sa force. En revanche, les résultats eux-mêmes ne peuvent être qualifiés de catastrophiques comme certains tentent aujourd'hui de le faire croire.

La sélection a atteint les huitièmes de finale, objectif officiellement fixé avant la compétition, avant d'être éliminée par une solide équipe de Suisse. Ce parcours n'est pas le pire de l'histoire récente de l'équipe nationale, même s'il reste en deçà des ambitions affichées. Le véritable problème résidait davantage dans le contenu technique que dans les résultats eux-mêmes.

Présenter aujourd'hui Petković comme l'unique responsable de tous les échecs constitue donc une lecture hâtive, en contradiction avec le discours qui prévalait encore lors du premier tour, lorsque les mêmes observateurs saluaient son projet et son travail.

Il apparaît que nombre de ceux qui défendaient alors le sélectionneur n'ont pas résisté à la pression de l'opinion publique après l'élimination. Plutôt que d'assumer leurs analyses précédentes ou de proposer une évaluation plus équilibrée, ils ont préféré adopter un discours radicalement opposé.

Passer en quelques jours d'un soutien sans réserve à une condamnation tout aussi absolue traduit moins une évolution de l'analyse technique qu'une adaptation au climat de colère populaire.

Quoi qu'il en soit, chacun devra assumer ses responsabilités, en particulier concernant la prolongation du contrat, qui, selon plusieurs informations, n'aurait pas été le fruit d'un large consensus au sein du bureau fédéral, mais essentiellement une décision personnelle de Walid Sadi, entérinée par la suite lors d'une réunion du bureau fédéral.

Si tel est le cas, la responsabilité politique et administrative de cette prolongation incombe d'abord au président de la FAF, tout comme celle d'une éventuelle résiliation du contrat et des conséquences financières et juridiques qui pourraient en découler.

Le principe de stabilité ne peut être réduit à un simple slogan brandi lorsque les résultats sont favorables, puis abandonné au premier revers. Une stratégie se mesure précisément à sa capacité à résister dans les moments difficiles, et non uniquement dans les périodes de succès.

Si Vladimir Petković porte sa part de responsabilité dans cette élimination, peut-être même la plus importante, Walid Sadi doit lui aussi assumer pleinement les décisions qu'il a prises. Celui qui a choisi le sélectionneur, l'a défendu publiquement et a prolongé son contrat au nom de la « stabilité » ne peut aujourd'hui se contenter de mettre fin à leur collaboration sans fournir d'explications claires à l'opinion publique. La transparence et l'obligation de rendre des comptes demeurent les fondements de toute gestion professionnelle, particulièrement lorsqu'il s'agit de l'avenir de la sélection nationale.