Nation

Interrogations après la prolongation des horaires universitaires jusqu’en soirée

La décision a suscité un débat et des universités ont apporté des précisions sur sa mise en œuvre

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Ces derniers jours, les voix des étudiants universitaires et des parents se sont élevées à la suite de la décision de prolonger les activités universitaires jusqu’à 21 heures, suscitant des positions divergentes entre des étudiants et des organisations estudiantines qui refusent d’étudier à cet horaire, et d’autres qui estiment que son application peut être envisageable à condition d’assurer le transport, la sécurité, la restauration et des conditions d’accueil appropriées.

Il ressort de l’ensemble de ces positions que le cœur du débat ne porte pas uniquement sur le principe de prolonger les activités universitaires jusqu’à 21 heures, mais également sur les modalités de son application, les catégories concernées et la capacité des différents services à assurer les conditions nécessaires aux étudiants. Alors que plusieurs étudiants et leurs parents refusent les cours à des heures tardives, invoquant des difficultés de transport et des craintes liées aux retours nocturnes, des organisations estudiantines estiment que la solution consiste à limiter l’application à certaines catégories et à la conditionner à la disponibilité du transport, de la sécurité et de la restauration, tout en tenant compte de la situation particulière des étudiants résidant dans des zones éloignées. Les revendications des étudiants portent ainsi sur la nécessité de faire en sorte que toute organisation des études en soirée soit adaptée à leurs particularités sociales et géographiques, notamment pour ceux qui résident dans des zones reculées et éloignées, afin de garantir la continuité de l’activité universitaire sans que les difficultés de transport ou l’absence de services d’accompagnement ne deviennent un obstacle à leur réussite académique.

Dans ce contexte, la Coordination nationale pour la protection de la société à Constantine a publié, sur Facebook, un communiqué dans lequel elle a relayé les préoccupations de plusieurs étudiants universitaires et de leurs parents après l’annonce de la décision. Elle a estimé que les études à des heures tardives suscitent des inquiétudes au sein des familles, notamment en raison de ce qu’elle a décrit comme des difficultés liées au transport et aux déplacements nocturnes. La coordination a indiqué que certains parents craignent les répercussions des horaires tardifs sur la sécurité de leurs enfants, appelant en contrepartie à prendre en considération le droit des étudiants à l’enseignement tout en garantissant leur sécurité et en assurant des conditions de déplacement appropriées.

Par ailleurs, les conclusions d’une réunion de concertation ayant réuni la direction de l’Université Frères Mentouri Constantine 1 et des représentants des étudiants ont apporté des précisions sur la catégorie concernée par les études en soirée et sur les modalités de leur application. Selon ce qu’a rapporté l’Organisation estudiantine algérienne libre dans un communiqué publié sur sa page officielle Facebook, le recteur de l’université a affirmé, lors de la réunion, que les études nocturnes ne seraient pas appliquées collectivement à tous les étudiants, précisant que le nombre d’étudiants concernés serait limité par rapport à l’effectif total de l’université. L’organisation a également soulevé plusieurs préoccupations, notamment les problèmes liés au transport universitaire et aux déplacements nocturnes, à l’approche de la saison hivernale, ainsi que la situation des résidences universitaires et les horaires de distribution des repas du soir, en plus des difficultés auxquelles pourraient être confrontés les étudiants résidant dans des zones éloignées pour bénéficier du système d’études en soirée.

Selon les conclusions de la réunion, l’administration universitaire a précisé que les étudiants résidant en dehors de la wilaya de Constantine ne seraient pas concernés par les études en soirée. Les étudiants du tronc commun ne seraient pas non plus concernés, tandis que l’organisation des cours se ferait en fonction de la nature des spécialités, du nombre d’étudiants et des besoins pédagogiques. Parmi les autres précisions apportées par l’administration figure la possibilité de remplacer, pour un étudiant dans l’impossibilité d’assister au cours en soirée, ce cours par un autre groupe, avec la confirmation que les facilités nécessaires seraient accordées aux étudiants concernés.

Dans le même contexte, le Collectif des étudiants algériens libres de Constantine 01 a, à l’issue d’une réunion tenue le 24 septembre 2026 à l’Université Frères Mentouri, relayé des précisions supplémentaires de l’administration universitaire concernant le contenu de l’instruction ministérielle relative à la prolongation des activités universitaires. Selon le collectif, le fait de prolonger l’activité universitaire jusqu’à 21 heures ne signifie pas nécessairement la généralisation des études nocturnes à l’ensemble des étudiants. Cette mesure est plutôt liée à l’exploitation des infrastructures universitaires dans plusieurs domaines, notamment l’intelligence artificielle, la transformation numérique, l’entrepreneuriat et l’innovation, les incubateurs et accélérateurs d’entreprises, ainsi que la recherche scientifique, les activités académiques et les différentes formations.

Le collectif a également indiqué que les étudiants de première et de deuxième année en tronc commun ne seraient pas concernés par l’application des études en soirée, et que la programmation des cours du soir devrait être principalement destinée à certaines spécialités comptant un nombre limité d’étudiants. Selon les données fournies par le collectif, la catégorie concernée pourrait être très limitée par rapport au nombre total d’étudiants inscrits à l’université, tout en soulignant que l’organisation des études en soirée devrait être accompagnée de la mise à disposition du transport, de la restauration, de la sécurité et de conditions d’étude appropriées.