Le pôle pénal national économique et financier d'Alger a ouvert une information judiciaire sur des soupçons de falsification et d'atteinte à la sincérité du scrutin visant un candidat élu dans la wilaya de Bouira, ainsi que plusieurs encadreurs ayant participé aux opérations de dépouillement.
Selon une source bien informée citée par El Khabar, à l'issue des premières auditions, le juge d'instruction a ordonné le placement en détention provisoire du candidat élu sous les couleurs du Front El Moustakbal, identifié par les initiales M.A., également secrétaire d'une organisation estudiantine connue, ainsi que de plusieurs encadreurs et superviseurs des opérations de dépouillement.
D'après des sources concordantes, les investigations concernent également plusieurs autres candidats, élus ou non, et pourraient déboucher sur de nouvelles mesures de détention provisoire ou de placement sous contrôle judiciaire.
Des informations concordantes indiquent par ailleurs que les services de sécurité poursuivent leurs investigations dans plusieurs centres de vote à travers le pays concernant des soupçons de manipulation des suffrages et de gonflement des résultats au profit de certains candidats. Ces faits pourraient entraîner une révision de l'attribution de certains sièges parlementaires.
Cette enquête intervient alors que la Cour constitutionnelle examine les recours introduits contre les résultats provisoires des élections législatives. Le délai de dépôt et de réponse aux recours expire ce samedi à midi, avant la phase d'examen qui précédera la proclamation des résultats définitifs dans un délai de dix jours, conformément à la loi électorale.
Avant l'affaire de Bouira, le juge d'instruction près le tribunal d'Oued Tlélat, à Oran, avait ordonné le placement en détention provisoire du candidat élu B.A., représentant du parti Sawt Echaab, ainsi que de huit membres d'un bureau de vote de Hassiane Toual (« Florès » auparavant), poursuivis pour des faits présumés de fraude électorale.
À Djelfa également, le juge d'instruction près le tribunal de Hassi Bahbah a ordonné, jeudi soir, le placement en détention provisoire de huit personnes et le placement sous contrôle judiciaire de deux candidates, dans le cadre d'une enquête portant sur des irrégularités présumées lors du scrutin.
Comme l'avait révélé précédemment El Khabar, les investigations visent plusieurs encadreurs et membres de l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) dans la commune de Hassi Bahbah, ainsi que des candidats, avant leur présentation devant le juge d'instruction, qui a prononcé des mesures de détention et de contrôle judiciaire en attendant la poursuite de l'enquête.
Ce dossier revêt une importance particulière au niveau local, notamment parce que l'une des candidates placées sous contrôle judiciaire figure parmi les élues des législatives. Elle a obtenu un siège parlementaire sur la liste du Parti de l'Unité nationale et du Développement, qui a remporté deux des six sièges attribués à la wilaya de Djelfa, l'autre revenant au président du parti.
Son élection avait suscité une vive polémique dès l'annonce des résultats provisoires, en raison de son absence remarquée de la campagne électorale.
Commentaires
Participez Connectez-vous
Déconnexion
Les commentaires sont désactivés pour cet publication.