Nation

Un député français propose une médiation de l'Algérie dans la crise malienne

Cette initiative intervient sur fond de réchauffement des relations entre Alger et Bamako

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La députée française du parti La France insoumise, Sophia Chikirou, a adressé une question écrite au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur la position du gouvernement concernant le rôle que pourrait jouer l'Algérie dans la recherche d'un règlement politique de la crise au Mali. Elle a estimé que l'Algérie est « un acteur régional incontournable dans tout processus de résolution ».

Dans sa question, déposée la semaine dernière, la députée a dressé un bilan critique de la stratégie militaire et diplomatique française dans la région du Sahel, qualifiant les opérations Serval et Barkhane d'échecs sur les plans politique, militaire et diplomatique.

La parlementaire a mis en avant le rôle que l'Algérie pourrait jouer dans le règlement de la crise malienne, estimant qu'elle constitue un acteur régional incontournable dans toute solution politique, en raison de sa position géographique et de son rôle de parrain de l'Accord de paix et de réconciliation d'Alger de 2015.

Cette proposition intervient alors que les relations entre Alger et Bamako connaissent un réchauffement, marqué par le retour des ambassadeurs des deux pays à leurs postes respectifs et par la reprise normale de leur activité diplomatique.

Concernant les contours de cette initiative, Sophia Chikirou a appelé à soutenir une médiation régionale conduite par l'Algérie afin de relancer le processus politique au Mali. Elle a souligné que l'Algérie demeure un acteur historique et central dans le dossier malien et que toute médiation ou tout dialogue, y compris indirect avec certaines composantes des groupes armés, dépend largement de la capacité d'Alger à exercer une influence sur les parties au conflit. Elle a également invité le gouvernement français à préciser son évaluation de ce rôle ainsi que la nature des consultations qu'il mène avec l'Algérie à ce sujet.

La députée est également revenue sur les attaques coordonnées qui ont frappé Bamako, Kati et plusieurs villes du nord du Mali les 25 et 26 avril derniers. Selon elle, ces événements montrent que les groupes armés sont aujourd'hui plus puissants et mieux implantés qu'ils ne l'étaient au lancement des opérations françaises Serval et Barkhane en 2013.