Nation

« Macron consacre une diplomatie transactionnelle »

Rahabi critique la forme de la dernière initiative française, matérialisée par la visite de la ministre déléguée auprès du ministre des Armées, Alice Rufo, accompagnée du retour de l’ambassadeur de France en Algérie

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L’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi a critiqué la récente démarche française visant à relancer le rapprochement et à dépasser la crise avec l’Algérie, estimant qu’elle intègre la commémoration des morts et des disparus dans une logique diplomatique.

Il a qualifié le communiqué de la présidence française accompagnant la visite de la ministre déléguée auprès du ministre des Armées français, Alice Rufo, accompagnée de l’ambassadeur de France en Algérie, à l’occasion de la commémoration des massacres du 8 mai 1945, de tentative d’« inscrire une diplomatie transactionnelle » qui mêle des mémoires opposées : celle des victimes et de leurs bourreaux, celle des moudjahidine et des harkis, ainsi que des dossiers consulaires actuels.

Selon Abdelaziz Rahabi, cette approche risque d’alimenter une fois de plus les débats internes en France, notamment à l’approche des élections présidentielles, plus qu’elle ne contribuera à une amélioration réelle des relations bilatérales.

Il est allé plus loin en estimant que les commémorations liées aux massacres survenus entre le 8 mai et le 26 juin 1945 n’échappent pas à une forme d’« opportunisme diplomatique » que le président Emmanuel Macron chercherait à élever au rang de fondement d’un nouveau départ dans les relations algéro-françaises.

Il a ajouté que le président français jouerait sur une posture ambiguë, oscillant entre discours de normalisation avec l’Algérie et gestes en direction des harkis et des nostalgiques de « l’Algérie française », tout en adoptant parfois des positions plus dures concernant les intérêts diplomatiques algériens.

Enfin, Abdelaziz Rahabi estime qu’il est non seulement inutile mais aussi contre-productif de fonder systématiquement la relation bilatérale sur la question mémorielle sans en mesurer l’importance dans la construction de l’identité nationale algérienne et la continuité historique du pays. Selon lui, cette approche conduit à une répétition cyclique des crises entre les deux pays.