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L’ANIE face au défi de corriger les erreurs des législatives

Après la nomination de son nouveau président.

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Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a nommé, avant-hier, l’avocat et ancien parlementaire Saïd Arous à la tête de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), à quelques jours de la convocation du corps électoral en prévision des prochaines élections locales, prévues en novembre prochain.

Selon un communiqué de la présidence de la République, le chef de l’État a signé deux décrets présidentiels. Le premier met fin aux fonctions de Karim Khelfan en tant que président par intérim de l’ANIE, tandis que le second porte nomination de Saïd Arous à la présidence de l’Autorité.

Cette nomination intervient dans un contexte de réorganisation de la composante de l’ANIE et d’adaptation de son fonctionnement aux exigences de la nouvelle étape, notamment aux dernières modifications constitutionnelles et aux changements apportés à la loi électorale. Depuis 2021, l’Autorité a connu plusieurs réorganisations. Le nombre de membres de son Conseil est ainsi passé de 50 à 20 membres en vertu de l’ordonnance portant loi organique relative au régime électoral de 2021, avant de passer prochainement à 10 membres.

Un scrutin aux défis multiples

Les prochaines élections locales constituent un important défi logistique pour l’ANIE, compte tenu de leur vaste couverture géographique et du nombre élevé de listes et de candidats au niveau des communes et des wilayas.

La collecte et la validation des signatures figurent parmi les principaux dossiers nécessitant une préparation en amont. Cette procédure avait suscité des critiques de la part de partis et de listes candidates lors des dernières élections législatives, notamment en raison du retard dans le lancement de la validation et de l’affluence enregistrée dans certaines communes.

L’Autorité devra également relever le défi du traitement des dossiers de candidature dans les délais légaux, après les difficultés constatées lors des précédentes législatives, notamment en matière de traitement des demandes et d’adoption des listes définitives.

La mise à jour du fichier électoral constitue également un dossier majeur, particulièrement dans le contexte des récentes modifications du découpage administratif.

Convocation du corps électoral fin août

Le président Abdelmadjid Tebboune devrait convoquer le corps électoral à la fin du mois d’août, en vue de l’organisation des élections locales entre fin novembre et début décembre prochain, en tenant compte de la date des dernières élections locales, organisées en novembre 2021.

La convocation des électeurs intervient par décret présidentiel 90 jours avant la date du scrutin, conformément aux prérogatives constitutionnelles du président de la République, notamment l’article 91 de la Constitution, ainsi qu’aux dispositions de la loi organique relative au régime électoral.

La publication de ce décret au Journal officiel constituera le point de départ officiel du processus électoral, avec notamment l’ouverture de la période de révision des listes électorales, le dépôt des candidatures et le traitement des dossiers, avant le lancement de la campagne électorale.

L’ANIE devrait ainsi entamer la révision exceptionnelle des listes électorales après la signature du décret, avant l’ouverture du dépôt des dossiers de candidature, conformément aux conditions prévues par la loi organique relative au régime électoral, notamment celles relatives à la constitution des listes et aux quotas de représentation des jeunes, des universitaires et des femmes.

Un accueil favorable de la classe politique

La nomination de Saïd Arous a été favorablement accueillie par plusieurs acteurs de la classe politique, notamment ses anciens collègues au Parlement.

Le membre du bureau national du Rassemblement national démocratique (RND) et ancien président de groupe parlementaire, Mohamed Touil, a estimé que cette nomination constitue une « mission nationale d’une grande sensibilité », liée au fonctionnement démocratique, à l’intégrité du processus électoral et à la confiance des citoyens dans les institutions de l’État.

De son côté, le Front El Moustakbal a également salué la nomination de Saïd Arous, estimant que cette mission place entre ses mains la responsabilité de préserver la crédibilité du processus électoral et de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions de l’État.

Le parti a également exprimé l’espoir que l’expérience et la vision dont dispose le nouveau président constituent une véritable valeur ajoutée pour améliorer les performances de l’Autorité nationale indépendante des élections et consolider les principes de transparence, de neutralité et d’intégrité, au service de la stabilité de l’Algérie et de la préservation de ses intérêts supérieurs.