Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, est arrivé ce lundi en Algérie pour une visite qui constituera l’occasion d’une première rencontre entre de hauts responsables des deux pays depuis la crise diplomatique qui a duré près de 14 mois.
Un communiqué de la cellule de communication et des relations publiques de la Primature malienne indique que Maïga remettra au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, un message du président malien, Assimi Goïta.
Selon le même communiqué, le Premier ministre malien sera reçu par le président Tebboune et tiendra également des séances de travail avec son homologue, Sifi Ghrieb.
Dans un communiqué, le gouvernement malien a réaffirmé son attachement au dialogue, à la coopération et au renforcement des relations de bon voisinage avec l’Algérie, dans le respect de la souveraineté et de la dignité des deux pays. Il a également rappelé l’héritage historique commun, les liens de fraternité et de solidarité, ainsi que le soutien apporté par le Mali à la lutte du peuple algérien pour sa libération.
Commentant cette visite, le professeur en sciences politiques et relations internationales, Mabrouk Kahi, a estimé que le déplacement du Premier ministre malien en Algérie confirmait la fin de la rupture diplomatique entre les deux pays voisins, qui partagent plus de 1 300 kilomètres de frontières terrestres.
Dans une déclaration à El Khabar, il a ajouté que cette visite témoignait de la sagesse dont a fait preuve la diplomatie algérienne à l’égard des pays du Sahel africain, ainsi que de son attachement aux relations de bon voisinage, à la retenue et à la conviction d’un destin commun et de l’unité des peuples de la région.
Selon lui, cette visite constitue l’aboutissement de contacts diplomatiques fructueux entre les deux pays et pourrait être suivie, à l’avenir, d’une visite du président de la transition malienne, Assimi Goïta.
Mabrouk Kahi a également souligné que cette visite sera l’occasion d’aborder plusieurs dossiers communs intéressant les deux pays, notamment la sécurisation des frontières et la coopération en matière de sécurité, ainsi que la situation dans le nord du Mali et la relance du dialogue.
Il a estimé que cette visite, à ce moment précis, témoigne du rythme accéléré du retour des relations entre les deux pays à la normale. Elle constitue également, selon lui, un échec pour les « manœuvres malveillantes » menées par certaines forces dans la région et adresse le message selon lequel ce qui unit l’Algérie et le Mali est plus fort que les intentions hostiles.
Ces développements interviennent alors que les relations entre l’Algérie et le gouvernement central de Bamako connaissent une phase de normalisation. Après une longue période de tensions, les dernières semaines ont été marquées par des signes de désescalade.
La crise avait atteint son paroxysme après l’incident de l’abattage d’un drone malien dans l’espace aérien national en avril 2025, suivi d’un échange d’accusations et du rappel des ambassadeurs pour consultations. Le 10 juillet 2026, les deux pays ont annoncé le retour de leurs ambassadeurs respectifs à Alger et à Bamako, une étape considérée comme le début d’un processus progressif de normalisation des relations.
Les déclarations du Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, sont ensuite venues donner une dimension politique plus claire à ce rapprochement. Il avait affirmé qu’il n’y avait pas de rupture diplomatique entre le Mali et l’Algérie, qualifiant les relations entre les deux pays d’historiques et de stratégiques, avant de s’entretenir par téléphone avec le Premier ministre, Sifi Ghrieb, sur les perspectives de coopération commune.
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