La distillation de la fleur d’oranger et de la rose à Constantine constitue l’une des plus anciennes traditions liées à la mémoire de la ville et à ses spécificités sociales. Elle s’impose aujourd’hui comme l’un des symboles du patrimoine local, encore fortement présent dans la vie culturelle et économique.
Des expositions sont organisées dans la ville afin de raviver ce savoir-faire et d’assurer sa transmission entre les générations. Elles présentent les différentes étapes de cette pratique, depuis la cueillette et le séchage des fleurs jusqu’au processus de distillation à l’aide des ustensiles traditionnels en cuivre, connus sous le nom d'el « ketar », illustrant ainsi l’authenticité et la précision de cet artisanat.
La dernière exposition, organisée dans la commune de Hamma Bouziane, a ravivé certaines traditions sociales constantinoises, telles que la « siniya el asr », reflet des coutumes locales. Elle a également mis en valeur des produits dérivés de l’eau de fleur d’oranger, comme les confiseries traditionnelles et les produits cosmétiques, montrant ainsi l’évolution de cet artisanat, passé d’une activité domestique à une pratique à dimension économique saisonnière.
L’événement a également été marqué par la distinction de plusieurs artisans et chercheurs dans le domaine du patrimoine immatériel, parmi lesquels Halima Ali Khouja, Loucif Moufida et Dracen Ziadi, en reconnaissance de leurs efforts pour préserver et transmettre cet héritage.
Depuis le palais de la culture Mohamed El Aid Al Khalifa, les autres activités du festival ont été lancées, transformant l’espace en une exposition vivante présentant les outils traditionnels de distillation et les produits de la fleur d’oranger, ainsi que des espaces artistiques et des œuvres inspirées de l’histoire de la ville, illustrant ainsi l’alliance entre patrimoine et création.
Dans une initiative connexe, 50 plants de bigaradier ont été mis en terre afin de renforcer le lien entre la ville et son environnement végétal. Le wali a indiqué que l’année 2026 sera consacrée aux métiers et à l’artisanat traditionnel, à travers des projets structurants tels que la réalisation d’un village artisanal dans la nouvelle ville Ali Mendjeli et la réception de la maison de l’artisanat à Bab El Kantara.
Ainsi, la distillation de la fleur d’oranger à Constantine demeure un savoir-faire profondément enraciné, mêlant dimension familiale et économique, reposant sur des techniques traditionnelles précises, de la cueillette jusqu’à la distillation, perpétuant ainsi la mémoire vivante de la ville et de son patrimoine.
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