L’ancien ministre Noureddine Boukrouh a présenté ses excuses pour des déclarations faites lors d’une interview diffusée sur les réseaux sociaux le 4 mai dernier, concernant le défunt président Houari Boumédiène.
Dans une publication sur son compte Facebook, vendredi soir, Boukrouh a indiqué que ses propos étaient « déplacés », précisant qu’ils avaient été tenus « dans un langage spontané et sous l’effet de l’émotion », et qu’ils auraient pu choquer la famille du défunt président, présentant ses excuses à celle-ci ainsi qu’à l’opinion publique.
L’ancien ministre a expliqué que ses propos n’étaient ni motivés par des considérations personnelles ni destinés à juger le parcours de Boumédiène durant la guerre de libération ou sa période de gouvernance, mais s’inscrivaient, selon lui, dans le cadre d’un débat lié à la préparation de la Charte nationale de 1976.
Boukrouh, ancien président du Parti du renouveau et candidat à l’élection de 1995, a évoqué la lettre ouverte publiée par Ferhat Abbas et Benyoucef Benkhedda sur la situation du pays à l’époque, estimant que le président Boumédiène avait utilisé à leur encontre des propos durs et pris des mesures qu’il qualifie de répressives, notamment la fermeture de leurs pharmacies, le gel de leurs comptes bancaires et leur assignation à résidence.
Il a également évoqué plusieurs figures historiques et politiques, dont Krim Belkacem, Mohamed Khider, Mohamed Chaabani et Ahmed Medeghri, dans le cadre de son analyse des événements ayant marqué l’Algérie durant cette période.
L’ancien ministre a conclu son message en abordant ce qu’il décrit comme une stigmatisation sociale touchant certaines catégories de personnes, appelant à une révision du regard porté sur elles et à des excuses à leur égard.
Ses déclarations ont suscité de vives réactions, en raison de la forte symbolique que représente le président Boumédiène dans la mémoire nationale algérienne. En réaction, l’écrivain Mohamed Bouaâzara a vivement critiqué ses propos, estimant que les qualificatifs utilisés « conviennent à leur auteur et non au défunt président ».
De son côté, l’écrivain Kheireddine Heni a publié une réaction intitulée « L’irrespect envers les grands est une indécence », accusant Boukrouh de s’en prendre à des figures nationales et historiques, et rappelant que Boumédiène demeure un symbole profondément ancré dans la mémoire des Algériens.
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