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Pedro Sánchez à Alger : une visite aux enjeux économiques et stratégiques

Cette visite s'inscrit également dans un contexte régional et international marqué par une recomposition des partenariats en Méditerranée occidentale

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Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, effectue aujourd'hui une brève visite officielle en Algérie, porteuse d'enjeux politiques et économiques qui dépassent, selon des rapports officiels espagnols, sa courte durée. Cette visite devrait ouvrir une nouvelle étape dans les relations bilatérales, après plusieurs années de tensions consécutives à la crise de 2022.

Cette visite intervient dans un contexte régional et international marqué par une recomposition des partenariats en Méditerranée occidentale. Au cours des dernières années, l'Algérie a renforcé sa coopération avec plusieurs puissances européennes, notamment l'Italie et l'Allemagne, tandis que Madrid cherche à retrouver sa place de partenaire économique et stratégique en réactivant les canaux de coopération politique et économique avec Alger.

Selon des sources diplomatiques, Pedro Sánchez arrivera directement à Alger en provenance de New York, après avoir assisté à la finale de la Coupe du monde. Sa visite ne durera qu'une seule journée, avant son retour à Madrid le jour même.

Le chef du gouvernement espagnol entamera son programme par un entretien bilatéral avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au palais d'El Mouradia. Les discussions devraient porter principalement sur les dossiers de coopération stratégique et les relations bilatérales, avant une rencontre avec le Premier ministre consacrée aux mécanismes de mise en œuvre des résultats de cette nouvelle phase, notamment à travers la réactivation des commissions mixtes algéro-espagnoles.

La visite coïncide avec la tenue du Forum d'affaires algéro-espagnol, sur lequel les deux parties comptent pour insuffler un nouvel élan aux investissements et aux échanges commerciaux, concrétisant ainsi la vision déjà exprimée par le président de la République, qui avait appelé à « aller beaucoup plus loin » dans les relations économiques entre les deux pays.

La délégation espagnole accompagnant Pedro Sánchez comprend la ministre de la Transition écologique et de l'Union énergétique, ainsi que des responsables des principales entreprises énergétiques espagnoles, notamment Naturgy, Repsol, Enagás et Moeve, ce qui reflète la place centrale qu'occupe le dossier énergétique dans l'agenda de cette visite.

Le dossier du gaz naturel devrait figurer en tête des discussions, alors que l'Espagne dépend de plus en plus des approvisionnements algériens via le gazoduc Medgaz. Madrid souhaite sécuriser ses besoins énergétiques à moyen et à long terme, tandis que l'Algérie entend renforcer sa position de fournisseur fiable d'énergie pour l'Europe.

Les deux parties devraient également examiner la révision de certaines clauses des contrats de long terme courant jusqu'en 2030, afin de les adapter aux évolutions des marchés mondiaux de l'énergie. Elles discuteront également des perspectives de coopération dans les domaines de l'hydrogène vert et des énergies renouvelables, considérés comme l'un des principaux axes du partenariat futur entre les deux pays.

Vers la réactivation du Traité d'amitié

Sur le plan politique, cette visite revêt une importance particulière, puisqu'elle pourrait être marquée par l'annonce officielle de la réactivation du Traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération signé en 2002, qui avait été suspendu à la suite de la crise diplomatique entre les deux pays en 2022.

Les entretiens devraient également porter sur plusieurs questions régionales, notamment l'évolution de la situation au Sahel, la coordination sécuritaire et la lutte contre la migration irrégulière, des dossiers qui s'imposent désormais comme des priorités de la coopération entre les deux rives de la Méditerranée.