Nation

Mise au point du FLN sur la liste de la zone 4

Entretien avec le responsable chargé des candidatures des pays africains au sein du Front de libération nationale.

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Le responsable chargé des candidatures du Front de libération nationale (FLN) représentant la zone 4 africaine, Chakib Djouhri, revient dans cet entretien accordé à « El Khabar » sur les raisons de l’absence, pour la première fois, d’un candidat du parti en Tunisie, tout en détaillant la stratégie électorale adoptée par le FLN sur le continent africain.

Vous vous préparez aux élections législatives prévues dans environ deux mois. En tant que responsable des candidatures dans la quatrième région, quelles sont les principales caractéristiques de la liste électorale représentant la communauté algérienne en Afrique ?

Avant tout, permettez-moi de clarifier un malentendu né d’un article publié hier dans votre journal, laissant penser que notre parti serait absent des prochaines législatives dans la zone 4. Je tiens à rassurer nos militants, en Algérie comme à l’étranger : le FLN participera bel et bien au scrutin du 2 juillet prochain. La liste a été déposée dans les délais auprès de l’Autorité nationale indépendante des élections et se trouve actuellement en phase d’examen, au même titre que les autres listes partisanes déposées dans cette circonscription.

Concernant la composition de cette liste, la direction du parti, à travers la commission des candidatures et sous la supervision directe du secrétaire général, a veillé à harmoniser les critères internes de sélection avec les nouvelles dispositions de la loi électorale, conformément aux réformes engagées par l’État. L’objectif est notamment de moraliser l’action politique, d’écarter toute suspicion de corruption, d’élever le niveau académique des candidats et d’assurer une meilleure représentation des jeunes et des femmes.

Ainsi, la liste du FLN dans la quatrième zone est composée exclusivement de candidats universitaires. La moitié des candidats ont moins de 40 ans, tandis que les femmes représentent la majorité avec cinq candidates sur huit.

Cette liste réunit également des profils variés issus des secteurs des médias, de l’entrepreneuriat et du mouvement associatif. On y retrouve notamment des journalistes, des cadres économiques ainsi qu’un membre du Conseil supérieur de la jeunesse.

La quatrième zone couvre l’ensemble du continent africain. Comment les candidatures ont-elles été réparties ?

Le parti a choisi de constituer une liste reflétant les différentes zones stratégiques du continent africain, du nord au sud, en passant par l’Afrique de l’Ouest et les pays du Sahel. Les candidats proviennent notamment d’Égypte, de Tunisie, du Niger, du Ghana, de Côte d’Ivoire et d’Afrique du Sud.

La communauté algérienne de cette région est principalement concentrée en Afrique du Nord, notamment en Tunisie, au Maroc et en Égypte, avant de s’étendre vers les pays du Sahel, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique australe.

La répartition des candidatures a donc été pensée en fonction de cette réalité : quatre candidats issus d’Afrique du Nord, trois représentants du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, ainsi qu’une candidate d’Afrique du Sud.

Je précise que cette liste représente l’ensemble de la région et rassemble des militants de la diaspora, indépendamment de leur pays de résidence. Une représentation efficace dans une institution constitutionnelle aussi importante dépend avant tout de la qualité des représentants choisis, et non de la simple représentation géographique des États.

Par ailleurs, la direction du parti a voulu, cette fois-ci, renforcer sa présence africaine. Cette orientation traduit la convergence entre la ligne politique du FLN et les orientations de l’État algérien visant à consolider les relations historiques avec les pays africains et à permettre à la communauté algérienne du continent de jouer pleinement son rôle.

La communauté algérienne est fortement présente en Tunisie, au Maroc et en Égypte. Avez-vous des candidats issus de ces pays ?

Concernant l’absence de représentant résidant en Tunisie sur la liste du FLN, il faut préciser que cela signifie simplement que la tête de liste ne vit pas en Tunisie, contrairement à ce qui se faisait habituellement, y compris lors des précédentes élections.

Le chef de liste réside actuellement en Égypte. En revanche, ce qui n’a pas été mentionné, c’est la présence d’une candidate née en Tunisie et liée à la communauté algérienne de ce pays, même si elle réside désormais ailleurs.

Je rappelle également qu’avant le onzième congrès du parti, l’organisation du FLN dans cette région avait connu une période de recul en matière d’encadrement.

Certaines personnes mal intentionnées, étrangères au parti, ainsi que des « militants opportunistes », ont profité de la situation du FLN avant le onzième congrès, période durant laquelle les structures militantes avaient été marginalisées, notamment en Tunisie et dans le reste de l’Afrique du Nord. De nombreux militants et cadres actifs dans les domaines politique et associatif avaient alors été écartés.

Face à cette situation, et en raison également de l’utilisation abusive du cachet du parti par des individus sans mandat officiel, la direction du FLN, sous l’impulsion du secrétaire général, a décidé d’ouvrir directement les candidatures au niveau central ainsi que via la plateforme numérique du parti. Cette démarche a permis d’élargir la représentation à d’autres pays d’Afrique du Nord, du Sahel et d’Afrique de l’Ouest. Des mesures disciplinaires seront prises contre ceux qui diffusent volontairement de fausses informations susceptibles de perturber le bon déroulement du processus électoral.

Vous avez exercé deux mandats de député. Quelles sont aujourd’hui les principales préoccupations de la communauté algérienne à l’étranger ?

Fort de mon expérience de militant associatif et de député représentant la diaspora, notamment en Afrique, je considère que la communauté algérienne à l’étranger a bénéficié d’importantes réformes institutionnelles engagées sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune.

Le président a élargi la représentation de la diaspora au sein des institutions élues et consultatives, en la considérant comme une composante essentielle de la nation. C’était une revendication ancienne qui n’avait jamais été concrétisée auparavant.

Par ailleurs, les services administratifs et consulaires ont connu une amélioration progressive grâce à la numérisation, à la simplification des procédures et à la réduction des délais administratifs.

Cependant, plusieurs défis demeurent. Il est nécessaire de soutenir davantage les associations de la diaspora dans les pays africains, où le tissu associatif reste peu développé comparé à celui de la communauté algérienne en Europe. Il faut également renforcer les liaisons de transport avec les pays africains et réduire leurs coûts.

Il est tout aussi important d’impliquer davantage les jeunes et les compétences algériennes établies à l’étranger dans les programmes gouvernementaux liés aux start-up, à l’emploi des jeunes et à la recherche universitaire.

Enfin, le renforcement des relations économiques avec les pays africains voisins doit s’accompagner d’une intégration plus active de la diaspora dans ces échanges, ainsi que d’un élargissement des dispositifs de soutien social destinés aux catégories vulnérables de la communauté nationale à l’étranger.

Le nouveau découpage des circonscriptions électorales a modifié la représentation de la diaspora. Quels sont selon vous les avantages et les limites de cette réforme ?

La quatrième région, selon le nouveau découpage électoral, couvre désormais l’ensemble des pays africains. Ce schéma se rapproche de celui adopté en 1997 lorsque l’Algérie, pionnière dans ce domaine, avait décidé d’assurer une représentation parlementaire à la communauté nationale à l’étranger.

Cette organisation avait perduré jusqu’en 2012, avant que l’Afrique ne soit regroupée avec le Machrek arabe, l’Asie et l’Océanie au sein d’une immense circonscription, dont l’expérience a montré les limites en matière de représentation.

Le découpage actuel me paraît donc plus réaliste, même si nous aurions souhaité que cette région dispose d’au moins deux sièges parlementaires, compte tenu de son étendue et de la diversité de la communauté algérienne répartie entre le nord et le sud du continent africain.