affiches publicitaires soignées, candidats et candidates présentés sous leur meilleur jour, slogans modernes et cohérents, visuels attrayants, textes parfaitement rédigés, retouches esthétiques effaçant rides et signes de fatigue… L’intelligence artificielle s’est imposée comme l’une des principales nouveautés de la campagne électorale pour les législatives du 2 juillet prochain.
Au cours des premières vingt-quatre heures de la campagne, les réseaux sociaux ont été inondés d’affiches et de publications clairement marquées par l’utilisation de l’intelligence artificielle dans leur conception. Une tendance qui constitue l’une des principales caractéristiques de cette échéance électorale.
Les internautes ont particulièrement réagi aux contenus mettant en scène de jeunes candidates dont les portraits, largement embellis, ont suscité de nombreux commentaires.
Les réactions se sont divisées entre ceux qui dénoncent une forme de « tromperie » susceptible d’induire l’électeur en erreur en masquant l’apparence réelle ou le profil du candidat, et ceux qui considèrent ces nouveaux outils comme un moyen moderne d’améliorer la communication politique tout en réduisant les coûts, le temps et les efforts liés à la campagne électorale.
Dans l’un des exemples les plus commentés, plusieurs pages ont relayé une affiche présentant des candidates dans une mise en scène rappelant davantage une publicité pour des produits cosmétiques qu’une campagne pour un mandat politique. En consultant les comptes officiels des intéressées, il apparaît que les images ont été générées ou fortement retouchées à l’aide de l’intelligence artificielle tout en conservant leurs traits réels.
Selon plusieurs observateurs, certaines candidates auraient notamment eu recours à Gemini, l’outil d’intelligence artificielle développé par Google, afin d’améliorer l’aspect visuel de leurs portraits. D’autres plateformes comme DeepSeek, ChatGPT ou Perplexity AI sont également citées parmi les solutions utilisées pour produire textes et visuels de campagne.
De nombreuses affiches portent d’ailleurs la mention « IA » ou « AI », signalant explicitement l’utilisation de l’intelligence artificielle dans leur conception.
L’usage massif de ces technologies a poussé certains internautes à rechercher d’anciennes photographies de candidats afin de les comparer aux versions retouchées diffusées durant la campagne. Ces comparaisons ont mis en évidence des différences parfois importantes, transformant notamment les portraits des candidates en véritable phénomène sur les réseaux sociaux.
L’intelligence artificielle n’est toutefois pas utilisée uniquement pour la retouche d’images. Elle intervient également dans la rédaction des discours, des programmes et des messages électoraux. De nombreux observateurs estiment que plusieurs publications de campagne ont été rédigées, au moins en partie, grâce à ces outils, dont le style et la structure sont souvent reconnaissables.
Certains analystes vont encore plus loin et évoquent la possibilité du recours à des « agents IA » (AI agents), programmés pour accomplir automatiquement certaines tâches dans l’espace numérique, comme la diffusion répétée de contenus, l’interaction avec les internautes ou encore l’amplification de messages destinés à influencer les opinions des électeurs.
Si le recours à ces technologies demeure légal dans de nombreux cas, leur généralisation soulève également des questions éthiques et juridiques. Plusieurs spécialistes appellent ainsi à encadrer leur utilisation afin de concilier innovation technologique, transparence de l’information et respect des règles démocratiques.
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