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La médiation algérienne érigée en modèle pour résoudre la crise au Moyen-Orient

Un ancien diplomate et ex-otage américain cite le rôle de l'Algérie lors de la crise des otages de Téhéran en 1979 comme référence

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L'ancien diplomate américain John Limbert, l'un des 52 otages retenus à Téhéran lors de la révolution iranienne de 1979, est revenu sur les raisons qui ont fait le succès de la médiation algérienne pour mettre fin à la crise des otages. Dans un entretien accordé à AL24 News dans la soirée de vendredi, il a également mis cette expérience en perspective avec les tensions actuelles entre Washington et Téhéran.

John Limbert a expliqué que ce qu'il avait vécu et appris personnellement lui avait permis de constater que les diplomates algériens, parmi lesquels l'ambassadeur Gharib, M. Mostefaoui de la Banque centrale et le défunt ambassadeur Redha Malek à Washington, avaient fait preuve d'une remarquable maîtrise des véritables outils de la diplomatie. Qu'on les qualifie de « puissance douce » ou autrement, ils ont, selon lui, appliqué avec brio les principes fondamentaux de l'action diplomatique.

Il a souligné que ces outils diplomatiques ne sont ni nouveaux ni mystérieux. Ils existent depuis les civilisations grecque et perse, mais sont aujourd'hui souvent négligés ou relégués au second plan, comme s'ils avaient été abandonnés dans des entrepôts où ils prennent la poussière. Une allusion, selon lui, à la manière dont l'administration américaine actuelle traite plusieurs dossiers internationaux.

Évoquant cette crise qui a duré deux ans, l'ancien diplomate a mis en avant les qualités des médiateurs algériens : leur patience, leur persévérance, leur empathie, leur souci du choix des mots et leur exceptionnelle capacité d'écoute. Il a rappelé que, lors d'une rencontre avec le président américain Jimmy Carter à Washington, alors que les négociations traversaient une phase particulièrement délicate, les Algériens lui avaient simplement conseillé : « Monsieur le Président, soyez seulement patient. »

Interrogé sur la réputation de la diplomatie algérienne comme « médiateur accepté par tous », John Limbert a répondu qu'en 1979 et 1980, les Algériens bénéficiaient d'un immense capital de crédibilité auprès de la jeune République islamique d'Iran, en raison de leur passé révolutionnaire et de la lutte du peuple algérien pour son indépendance. Dans le même temps, ils jouissaient également d'une grande estime aux États-Unis.

S'agissant du processus de négociation, il a expliqué que la première proposition de règlement de la crise des otages avait été formulée en août ou septembre 1980 par les Iraniens eux-mêmes, qui estimaient, sous l'impulsion de l'ayatollah Rouhollah Khomeini, que la crise avait suffisamment duré. Cette première initiative n'était toutefois pas passée par l'Algérie, mais par l'Allemagne.

Les autorités iraniennes ont ensuite changé d'avis, préférant finalement négocier par l'intermédiaire de l'Algérie. Selon John Limbert, ce choix leur offrait une couverture politique acceptable sur le plan intérieur, leur permettant d'affirmer qu'elles négociaient avec des « compagnons de révolution », des interlocuteurs qui les connaissaient, les comprenaient et avaient traversé des épreuves similaires.

L'ancien otage a estimé que cette proximité, conjuguée au professionnalisme et à la ténacité des diplomates algériens, a considérablement renforcé la crédibilité de la médiation. Ceux-ci, a-t-il souligné, n'ont jamais perdu espoir ni renoncé à leurs efforts, poursuivant inlassablement les négociations jusqu'à la conclusion d'un accord final, au terme de quatre mois de discussions.

Faisant le parallèle avec la situation actuelle, John Limbert, qui a également servi à l'ambassade des États-Unis à Alger entre 1986 et 1988, a regretté que de nombreux responsables à Washington, mais aussi à Téhéran, et peut-être à Jérusalem ainsi que dans d'autres capitales, semblent aujourd'hui manquer de ces qualités essentielles. « Je ne vois pas beaucoup de patience, je ne perçois pas beaucoup d'empathie et je ne constate aucun véritable souci du choix des mots », a-t-il déclaré.

Il a enfin défendu les vertus d'une diplomatie discrète et patiente, reconnaissant que ses résultats sont souvent lents et parfois frustrants. Pour autant, a-t-il insisté, la diplomatie ne consiste pas à imposer des ultimatums du type : « Voici nos conditions, vous avez vingt-quatre heures pour les accepter », une approche qui, selon lui, rappelle fortement les relations actuelles entre Washington et Téhéran.

Revenant sur près d'un demi-siècle de relations entre les États-Unis et l'Iran, John Limbert a estimé que les deux pays ont passé quarante-sept ans dans « un cercle vicieux d'accusations, d'insultes et de menaces ». Il attribue cette situation à l'abandon des instruments traditionnels de la diplomatie au profit de la politique de pression maximale, des intimidations et des ultimatums, une stratégie dont l'inefficacité apparaît aujourd'hui, selon lui, de plus en plus évidente.